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Mis à jour le 18 août 2026.
Ces photos ont été prises hier, le 17 août, à 2000 mètres d’altitude au fond du Valpelline, sur le lac de Place Moulin. C’est là que devait se courir l’Alpine Paradise Race, les 19 et 20 septembre prochains, quatrième étape de l’Alpine Lakes Tour 2026.

Le constat de ceux qui vivent au bord du lac
Nous avons écrit au refuge de Prarayer, qui surplombe la ligne de départ et connaît ce lac mieux que personne. Patrizio nous a répondu le lendemain matin, photos à l’appui :
La situation est critique, il y a moins d’eau que l’année passée, et à septembre le niveau d’habitude est encore plus bas.
Patrizio, refuge de Prarayer
Les images parlent d’elles-mêmes : des berges découvertes sur plusieurs dizaines de mètres, raides et instables ; un plan d’eau réduit à un ruban turquoise laiteux au fond de la cuvette ; et, en amont, plus de lac du tout — seulement le lit tressé du torrent glaciaire descendu de la Tsa de Tsan.

Moins d’eau qu’en 2025. Et en 2025, nous avions déjà annulé.
En septembre 2025, la CVA — la Compagnia Valdostana delle Acque, qui exploite le barrage — nous avait informés que le réservoir se trouvait 5 à 6 mètres sous le niveau attendu. La mise à l’eau des bateaux de sécurité au pied du barrage devenait impossible, les berges de la zone de départ n’étaient plus stables. Nous avions annulé la course à huit jours de l’échéance.
En 2022 déjà, la même chose : « Le niveau du lac de Place Moulin est extrêmement bas et la société qui gère le barrage nous a averti que les conditions ne permettent pas d’organiser l’Alpine Paradise. »
Trois fois en cinq ans. Ce n’est plus un aléa de saison, c’est une tendance.
Où nous en sommes
Nous avons saisi la CVA pour obtenir ses relevés et ses prévisions d’exploitation pour la période du 19-20 septembre. Nous leur avons également demandé quelle est, selon eux, la meilleure fenêtre de l’année pour naviguer sur Place Moulin — parce que si ce site doit rester au calendrier de l’Alpine Lakes Tour, ce sera à une date compatible avec le cycle de remplissage du barrage, pas avec nos habitudes.
La décision tombera dans les prochains jours et sera annoncée ici en premier.
Une chose est acquise : nous n’irons pas pagayer là-haut dans de mauvaises conditions. Ni pour la sécurité des participants, ni pour la qualité de la course, ni par respect pour un lieu qui reste, de loin, le plus beau de notre circuit.
Treize ans à regarder les lacs
Depuis la première course à Sévrier en juin 2013, l’Alpine Lakes Tour a posé ses bouées sur 16 lacs, dans 3 pays, au fil de plus de 84 étapes. Nous avons connu des lacs gelés, des lacs déchaînés, des lacs lisses comme l’huile. Nous commençons à connaître des lacs qui manquent.
Pas de grand discours. Juste ce que nous observons, saison après saison, la pagaie à la main.
Merci à Patrizio et au refuge de Prarayer pour leur réactivité, et à Remo Bionaz pour les photographies.
